Les principaux activités de l’IFVM sont basées sur l’activité technique, en l’occurrence la surveillance et l’intervention.

LA SURVEILLANCE ET AVERTISSEMENT:
La surveillance en lutte antiacridienne doit être rigoureuse et anticipatrice des événements acridiens pour que l’avertissement soit performant afin de localiser les zones critiques ou à risques, d’y éliminer les populations dangereuses et ceci le plus tôt possible. La surveillance et avertissement vise à connaitre la dynamique des populations, la répartition des conditions écologiques discriminantes dans le but d’évaluer et de localiser les risques de pullulation et de grégarisation ou transformation phasaire.
La surveillance et l’avertissement repose sur :

les prospections intensives : elles concernent des prospections régulières et décadaires des responsables postes acridiens (RPA) collectant les données météorologiques, acridiennes, mésologiques aux stations acridiennes. Les RPA transcrivent leurs observations sur des fiches standardisées et les transmettent à la direction technique à Betioky Atsimo.

les prospections extensives, de contrôle et de validation : ce sont des prospections ponctuelles itinérantes des chefs de zone antiacridienne (service de surveillance et avertissement ou RPA) permettant de savoir la répartition spatiale de la structure des populations par espèce, par phase (solitaire, transiens ou grégaire), par stade (larve ou imagos) et par densité. Elles confirment ou infirment les signalisations externes à l’IFVM, évaluent la situation acridienne moyenne dans la zone, et identifient les zones-cibles pour d’éventuels opérations de lutte terrestre ou aérienne

Toutes observations des prospecteurs doivent être chronoréférencées, géoréférencées (clairement localisée avec exactitude et précision), taxoréférencées (taxon, espèce, appartenance phasaire, état phénologique).
  

L’INTERVENTION ANTIACRIDIENNE:

Le principe en lutte antiacridienne est d’intervenir en dehors des cultures. Son efficacité consiste à contrecarrer l’effet de conditions écométéorologiques favorables en frappant juste, au bon moment au bon endroit, avec une puissance proportionnée au risque.

L’intervention repose sur un rapide inventaire des risques :

Risques qualitatifs directes: pullulation, grégarisation ou transformation phasaire, …                                                                                                                     Risques quantitatifs : surface contaminée et infestée par des transiens ou des grégaires                                                                                                                  Risques indirects: dégâts aux cultures et aux pâturages.

En général, la lutte antiacridienne se divise en deux stratégies distinctes : La lutte préventive : élimination précoce des populations solitaires ou solitario-transiens pour enrayer toute transformation phasaire et pour maintenir durablement les populations en état de rémission.                        La lutte curative : élimination des populations groupées (transiens ou grégaires)

NB : la seule solution rationnelle reste la lutte préventive, car elle est écologiquement acceptable et économiquement rentable

Il existe deux modes de traitement :                                                                 Traitement en couverture totale : s’agissant de traiter la totalité de la superficie infestée. Ce mode de traitement est nécessaire avec les produits de contact tels que les pyréthrinoïdes.                                                          Traitement en barrière : il ne s’agit que de barrières et n’est valable que pour traiter des très grandes zones infestées de bandes larvaires avec des produits agissant par ingestion ayant une persistance d’activité de plusieurs semaines (téflubenzuron, diflubenzuron, triflumuron, …)
  

PRINCIPAUX PARAMETRE D’APPLICATION DE  PESTICIDE EN LUTTE ANTIACRIDIENNE

– Respect de la dose d’application                                                                               – Respect des conditions météorologiques (ne pas appliquer en cas de risque d’intempéries)                                                                                                                – Respect des conditions aérologiques (température < 35°C et vitesse du vent < 5m/s)                                                                                                                              – Respect de régularité du débit des appareils de traitement et de la vitesse de progression                                                                                                                – Utilisation des appareils appropriés aux conditions de traitement (kit ULV pour les moto-pulvérisateurs à dos)                                                                          – Adéquation du protocole d’application (couverture totale ou en barrière) à la nature du pesticide, à la cible acridienne (espèce, stade phénologique, comportement phasaire, …), à la structure du tapis végétal et du relief, et le contexte environnemental (type de niveau d’anthropisation)                            – Entretien et calibrage régulier du matériel pour éviter l’encrassement comme l’usure prématurée des appareils                                                                – Non application stricte aux abords immédiats des points d’eau ou des habitations                                                                                                                      – Respect de la santé humaine:

  • Pour agents de traitement : port des équipements de protection
  • Pour les agriculteurs et les éleveurs: information avant traitement et utilisation d’acridicides dont les solvants et les matières actives ne sont pas phytotoxiques
  • Pour les consommateurs: respect des délais de carence propres à chaque pesticide, pour les cultures et les pâturages.

REGLES DE BASE EN LUTTE ANCRIDIENNE

– Critère d’efficacité: toute intervention doit être efficace et les contrôles d’efficacité doivent être systématiques.                                                                 – Critère de productivité: toute intervention doit obtenir la maximum de résultats en faisant intervenir le minimum de moyens tout en restant rapide.                                                                                                                       – Critère d’économie: le coût des interventions doit rester aussi faible que possible.                                                                                                               – Critères du respect de l’environnement: il faut maintenir au tant que possible les populations de locustes en phase solitaire afin de restreindre les surfaces traitées.                                                                                                      – Critères du respect de la santé humaine: port de kits de protection pour les agents de l’IFVM, information des paysans et autorités locales avant traitement et utilisation de pesticide.